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Choléra

29 septembre 2026
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L’essentiel

  • Le choléra est une maladie diarrhéique sévère, dont on peut mourir en quelques heures en l’absence de traitement. L’accès rapide au traitement est donc crucial.
  • Selon les études, on estime qu’il y a chaque année dans le monde 1,3 à 4 millions de cas de choléra, et 21 000 à 143 000 décès dus à cette maladie. (1)
  • La plupart des personnes atteintes de choléra ne présentent aucun symptôme ou seulement des symptômes bénins et peuvent être traitées à l’aide d’une solution de réhydratation orale. Dans les cas graves, il faut administrer des solutés intraveineux, une solution de réhydratation orale et des antibiotiques.
  • L’accès à une eau sans risque sanitaire et aux services élémentaires d’assainissement et d’hygiène est essentiel pour prévenir le choléra.
  • Le vaccin anticholérique oral (VCO) peut aider à prévenir et à combattre le choléra.

Vue d’ensemble

Le choléra est une maladie diarrhéique aiguë provoquée par la consommation d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae. Il s’agit d’une menace mondiale pour la santé publique, conséquence des inégalités comme des carences du développement social et économique. L’accès à une eau sans risque sanitaire et aux services élémentaires d’assainissement et d’hygiène est essentiel pour prévenir le choléra et les autres maladies à transmission hydrique.

La plupart des personnes atteintes de choléra ont une diarrhée légère ou modérée et peuvent être traitées à l’aide d’une solution de réhydratation orale (SRO). Cependant, la maladie peut progresser rapidement et il est donc essentiel d’instaurer rapidement le traitement pour éviter le décès. Dans les cas graves, il faut administrer des solutés intraveineux, des SRO et des antibiotiques.

Les pays doivent renforcer la surveillance épidémiologique et en laboratoire pour pouvoir détecter rapidement les flambées épidémiques, en assurer le suivi et orienter la riposte.

Symptômes

Le choléra peut se manifester par une diarrhée aqueuse aiguë sévère qui, en l’absence de traitement, peut causer la mort en quelques heures. La plupart des personnes infectées par V. cholerae ne présentent pas de symptômes, mais peuvent propager la bactérie par leurs selles pendant un à 10 jours. Les symptômes apparaissent 12 heures à cinq jours après l’infection (2).

La plupart des personnes atteintes de la maladie présentent des symptômes bénins à modérés. Chez une minorité de malades néanmoins, on observe une diarrhée aqueuse aiguë sévère accompagnée d’une déshydratation qui engage le pronostic vital.

Histoire

Le choléra sévit depuis des siècles. La première pandémie (c’est-à-dire la première épidémie de portée mondiale) date du XIXe siècle. Depuis, six pandémies ont emporté des millions de personnes dans le monde. La pandémie actuelle (la septième) a démarré en Asie du Sud en 1961 et continue de toucher différentes populations dans le monde.

Souches de Vibrio cholerae

Seuls deux sérogroupes, O1 et O139, provoquent des flambées de choléra. Toutes les flambées récentes sont dues à V. cholerae O1. V. cholerae O139 a déjà causé des flambées en Asie, mais il n’a récemment provoqué que des cas sporadiques. Les deux sérogroupes entraînent la même maladie.

Épidémiologie, facteurs de risque et charge de morbidité

Certains pays sont régulièrement frappés par des flambées de choléra. D’autres pays connaissent des flambées moins fréquentes, parfois espacées de plusieurs années. Le choléra se développe lorsque l’accès à l’eau sans risque sanitaire et aux installations sanitaires de base est limité et que les pratiques d’hygiène sont mauvaises. Cela peut-être le cas lors de conflits, en cas de déplacements de population ou d’événements climatiques (cyclones, inondations ou sécheresses) ou lorsque les investissements dans l’entretien et l’amélioration des services et des infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène sont insuffisants.

Le choléra reste un problème de santé publique majeur à l’échelle mondiale. En 2025, 47 pays ont déclaré 451 499 cas de choléra, dont 7870 mortels, à l’OMS (3). Le nombre de décès notifiés en 2025 était le plus élevé depuis 1999. Ces chiffres sont inférieurs à la charge estimée par les chercheurs, probablement en raison des limitations des systèmes de surveillance et du fait que certains cas ne sont pas signalés par crainte des répercussions sur les échanges commerciaux et le tourisme.

Prévention et lutte

Pour prévenir et combattre le choléra, il faut tout à la fois renforcer la surveillance, améliorer la qualité de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, renforcer la communication sur les risques et la mobilisation communautaire, améliorer l’accès à un traitement de qualité et organiser des campagnes de vaccination anticholérique.

Surveillance

La surveillance du choléra devrait s’inscrire dans le cadre d’un système de surveillance intégrée des maladies incluant des modalités rapides de notification, d’analyse et d’interprétation de données et de communication d’informations du niveau local au niveau mondial. Les tests de diagnostic rapide (TDR) sont utiles pour détecter les flambées probables de choléra, mais la confirmation nécessite des analyses en laboratoire par culture, séroagglutination ou réaction en chaîne par polymérase (PCR).

Les pays à risque ou ceux touchés par le choléra doivent renforcer leurs systèmes de surveillance conformément aux recommandations du Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra (GTFCC) afin de pouvoir détecter et combattre rapidement les flambées épidémiques.

Interventions en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH)

À long terme, la solution pour endiguer le choléra passera par le développement économique et l’accès universel à l’eau potable, aux services d’assainissement de base et aux bonnes pratiques d’hygiène. Les interventions EAH peuvent contribuer à la prévention de nombreuses maladies à transmission hydrique, dont le choléra, et à la réalisation des objectifs de développement durable. Au cours des flambées, la mise en place d’activités EAH permettra de réduire la transmission du choléra. Ces activités consistent à améliorer l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les établissements de soins, à surveiller la qualité de l’eau, à distribuer des kits EAH aux communautés et à promouvoir des pratiques d’hygiène protectrices.

Traitement

Le choléra est une maladie facile à traiter et l’administration rapide de SRO permet de soigner la plupart des personnes atteintes. Les malades gravement déshydratés risquent de mourir et l’administration rapide de liquide par voie intraveineuse s’impose alors. Ils doivent aussi recevoir une SRO et des antibiotiques. Les patients présentant des comorbidités peuvent avoir besoin de soins supplémentaires dans des centres de traitement spécialisés. Le taux de létalité dans les centres de traitement doit rester inférieur à 1 %.

Lors d’une flambée de choléra, il est essentiel que les communautés aient accès à de la SRO. On ne recommande pas l’administration de masse d’antibiotiques à visée préventive (chimioprophylaxie), car elle n’a aucun effet avéré sur la propagation de la maladie et pourrait favoriser la résistance aux antimicrobiens.

Mobilisation communautaire

La mobilisation communautaire suppose de collaborer avec les personnes et les communautés pour mettre au point et appliquer des programmes visant à répondre à leurs besoins. Les pratiques culturelles et les croyances locales jouent un rôle déterminant dans la promotion des pratiques protectrices, telles que le lavage des mains à l’eau et au savon, la préparation et la conservation sans danger des aliments et de l’eau et l’élimination en toute sécurité des selles. Les pratiques funéraires doivent être adaptées en cas de décès d’une personne atteinte de choléra afin de prévenir l’infection parmi les participants aux cérémonies. Les communautés doivent participer aux décisions concernant l’emplacement des points de réhydratation orale (PRO) et les autres interventions communautaires contre la maladie.

La mobilisation communautaire est essentielle pour communiquer efficacement sur les risques et les symptômes potentiels du choléra, les précautions à prendre, les modalités pratiques de notification (à quel moment et à qui signaler les cas) et l’importance qu’il y a de consulter immédiatement si des symptômes apparaissent.

Vaccins anticholériques oraux

Il existe actuellement trois vaccins anticholériques oraux (VCO) préqualifiés par l’OMS : Dukoral®, Euvichol-Plus® et Euvichol-S®. Il en faut deux doses pour protéger complètement un adulte et l’immunité dure au moins trois ans. Une dose d’Euvichol-Plus® ou d’Euvichol-S® confère une bonne protection dans un délai plus court. Le vaccin Euvichol-S®, préqualifié par l’OMS en 2024, est une version simplifiée d’Euvichol-Plus®. Le vaccin Shancol n’est plus produit.

Les vaccins Euvichol-Plus® et Euvichol-S® sont administrés sans solution tampon à tout sujet de plus d’un an. Tous ces vaccins sont sûrs pendant la grossesse.

Il s’agit des seuls vaccins actuellement disponibles pour les campagnes de vaccination de masse grâce au stock mondial de VCO, avec le soutien de Gavi, l’Alliance du vaccin. Depuis octobre 2022, en raison d’une pénurie mondiale de vaccins, et avec l’accord du Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE), seuls les schémas vaccinaux à dose unique sont utilisés. La production mondiale de vaccins a plus que doublé, passant d’environ 30 millions de doses en 2022 à environ 80 millions de doses en 2025, mais l’offre ne permet pas de satisfaire entièrement la demande, qui a augmenté en raison de flambées concomitantes.

La vaccination préventive a repris en 2026 après plusieurs années d’approvisionnement limité. Dans le cadre d’un cadre convenu par la GTFCC, l’OMS, Gavi et l’UNICEF ont alloué 20 millions de doses pour des campagnes préventives en février 2026. La vaccination réactive a également atteint un niveau record en 2025.

En savoir plus sur la politique de l’OMS en matière de VCO.

Kits contre le choléra

L’OMS a mis au point six kits contre le choléra pour soutenir les enquêtes visant à confirmer les flambées de choléra et pour le traitement des patients :

  • 1 kit pour les enquêtes ;
  • 1 kit accompagné de fournitures pour la confirmation par culture en laboratoire ;
  • 3 kits pour le traitement au niveau communautaire, périphérique et central ;
  • 1 kit de soutien logistique contenant du matériel, tel que des lampes à énergie solaire, du matériel pour clôtures, des réservoirs à eau et des robinets.

Chaque kit de traitement contient suffisamment d’articles pour traiter 100 patients.

En savoir plus sur les kits contre le choléra

Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra

Le Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra (GTFCC) est un partenariat fédérant organisations gouvernementales et non gouvernementales, organismes des Nations Unies et établissements universitaires autour de la mission de réduire la charge mondiale du choléra. Le Secrétariat du GTFCC est hébergé par l’OMS. Les partenaires du GTFCC sont chargés :

  • d’élaborer des stratégies mondiales pour prévenir et combattre le choléra ;
  • d’aider les pays à combattre ou à éliminer le choléra à long terme en élaborant des plans nationaux de lutte contre le choléra ;
  • d’élaborer et de diffuser des lignes directrices techniques et des manuels opérationnels ;
  • de soutenir un programme de recherche afin d’évaluer des approches novatrices pour prévenir et combattre le choléra dans les pays touchés ; et
  • d’accroître la visibilité du choléra en tant que problème important de santé publique.

En savoir plus sur les principales activités du GTFCC et les progrès accomplis

Mettre fin au choléra : une feuille de route jusqu’à 2030

En 2017, le GTFCC a publié Ending cholera: a global roadmap to 2030. Celle-ci vise à faire baisser de 90 % le nombre de décès dus au choléra et à éliminer la maladie dans pas moins de 20 pays d’ici à 2030, par les moyens suivants :

  1. la détection et l’endiguement précoces des flambées moyennant une riposte multisectorielle rapide ;
  2. une importance particulière accordée aux zones d’interventions multisectorielles prioritaires (PAMI), ces zones relativement peu étendues qui sont les plus touchées par la maladie ; et
  3. un dispositif efficace de coordination couvrant l’appui technique, la sensibilisation, la mobilisation de ressources et les partenariats au niveau local et mondial.

Cette stratégie a été approuvée à la Soixante et Onzième Assemblée mondiale de la Santé en 2018.

En savoir plus sur la stratégie

Action de l’OMS

L’OMS s’attache à mieux faire connaître la maladie et à plaider pour une lutte au niveau mondial. Elle aide les États Membres dans tous les piliers de la lutte contre le choléra : renforcement de la surveillance épidémiologique et des capacités de laboratoire ; amélioration de l’accès aux traitements et de leur qualité ; respect de pratiques appropriées en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène et de lutte anti-infectieuse ; mobilisation communautaire pour prévenir et combattre le choléra ; et amélioration de l’accès au VCO et appui à la conduite des campagnes. L’OMS et ses partenaires soutiennent également la recherche pour élaborer des stratégies novatrices de prévention et de lutte.

L’OMS héberge le Secrétariat du GTFCC et elle est membre du mécanisme de coordination des stocks de vaccination d’urgence, géré par le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins (GIC).

 

Références bibliographiques

  1. Updated global burden of cholera in endemic countries. 
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4455997/
    Ali M, Nelson AR, Lopez AL, Sack D. (2015). PLoS Negl Trop Dis 9(6) : e0003832. 10.1371/journal.pntd.0003709
  2. The incubation period of cholera: a systematic review. 
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23201968
    Azman AS, Rudolph KE, Cummings DA, Lessler J. J Infect. 2013 ; 66(5) : 432-8. doi: 10.1016/j.jinf.2012.11.013. PubMed PMID: 23201968; PubMed Central PMCID: PMC3677557.
  3. Cholera Annual Report 2025. Weekly Epidemiological Record, 14–20 September 2026, Vol 101 (38) (pp 223–235).
    https://www.who.int/publications/journals/weekly-epidemiological-record/WER101-38