L’essentiel
- D’ici à 2030, une personne sur six dans le monde aura 60 ans ou plus.
- La solitude et l’isolement social sont d’importants facteurs de risque de problèmes de santé mentale chez la personne âgée.
- Une personne âgée sur six est victime de maltraitance, souvent de la part d’aidantes ou d’aidants.
- Environ 15 % des personnes âgées de 70 ans ou plus sont atteintes d’un trouble mental.
- Les troubles mentaux chez les personnes âgées de 70 ans ou plus sont responsables de 6,8 % du nombre total d’années vécues avec une incapacité pour cette tranche d’âge.
Vue d’ensemble
La population mondiale vieillit rapidement. En 2023, 1,1 milliard de personnes dans le monde avaient 60 ans ou plus. Ce chiffre devrait presque doubler pour atteindre 2,1 milliards d’ici à 2050, soit environ une personne sur cinq à l’échelle mondiale. D’ici à la fin des années 2060, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus atteindra 2,5 milliards et dépassera le nombre de jeunes de moins de 18 ans dans le monde. Le nombre de personnes âgées de 80 ans ou plus devrait plus que tripler entre 2023 et 2060 pour s’établir à 545 millions (1).
Les personnes âgées contribuent à la société en tant que membres de leur famille et de leur communauté, et bon nombre d’entre elles sont bénévoles ou occupent un emploi rémunéré. Bien qu’elles soient pour la plupart en bonne santé, beaucoup risquent de connaître des problèmes de santé mentale, tels que la dépression et les troubles anxieux. De nombreuses personnes âgées souffrent également d’une mobilité réduite, de douleurs chroniques, de fragilité, de démence ou d’autres problèmes de santé, pour lesquels elles ont besoin de soins de longue durée. Avec le vieillissement, le risque de présenter simultanément plusieurs problèmes de santé augmente.
Prévalence
En 2023, on estimait que 14,75 % des adultes âgés de 70 ans ou plus étaient atteints d’un trouble mental, le plus souvent l’anxiété ou la dépression (2). Les troubles mentaux sont responsables de 6,8 % du nombre total d’années vécues avec une incapacité chez les personnes âgées de 70 ans ou plus (3). À l’échelle mondiale, environ un sixième (16,6 %) des suicides concerne des personnes âgées de 70 ans ou plus.
Les problèmes de santé mentale chez les personnes âgées sont rarement reconnus et traités, et la stigmatisation qui les entoure peut rendre les gens réticents à demander de l’aide.
Facteurs de risque
Chez la personne âgée, la santé mentale est déterminée non seulement par l’environnement physique et social, mais aussi par les effets cumulés des expériences de vie et des facteurs de stress spécifiquement liés au vieillissement, dont le deuil, la baisse des revenus ou la perte de sens de la vie au moment de la retraite, et la baisse des capacités intrinsèques et des capacités fonctionnelles. Malgré leurs nombreuses contributions à la société, les personnes âgées sont souvent victimes d’âgisme, ce qui peut avoir de graves répercussions sur leur santé mentale.
L’isolement social et la solitude, qui touchent environ un quart des personnes âgées, sont d’importants facteurs de risque de problèmes de santé mentale à un certain âge. (4). La maltraitance – physique, verbale, psychologique, sexuelle –, l’exploitation financière et la négligence touchent une personne âgée sur six et sont souvent le fait des aidantes et des aidants (5). La maltraitance a de graves conséquences et peut être à l’origine d’une dépression et d’anxiété.
De nombreuses personnes âgées s’occupent, en outre, de leur conjoint atteint de maladies chroniques, telles que la démence, qui peuvent être accablantes et affecter leur propre santé mentale.
Certaines personnes âgées sont plus vulnérables à la dépression et à l’anxiété, en raison de conditions de vie difficiles, d’une mauvaise santé physique ou d’un accès insuffisant à un soutien et à des services de qualité. C’est notamment le cas de celles qui vivent dans des situations de crise humanitaire ou qui sont atteintes de maladies chroniques (par exemple, une cardiopathie, un cancer ou un accident vasculaire cérébral), de troubles neurologiques (comme la démence) ou qui connaissent des problèmes liés à l’usage de substances psychoactives.
Promotion de la santé mentale et prévention des troubles
La promotion de la santé mentale et la prévention des troubles chez les personnes âgées consistent principalement à favoriser le vieillissement en bonne santé – en créant des environnements physiques et sociaux favorables au bien-être et qui permettent aux gens de faire ce qui est important pour eux, malgré la diminution de leurs capacités.
Les stratégies essentielles sont les suivantes :
- réduire l’insécurité financière et l’inégalité de revenus ;
- garantir la sécurité et l’accessibilité des logements, des bâtiments publics et des transports ;
- offrir un soutien social aux personnes âgées et à leurs aidantes et aidants ;
- favoriser des comportements sains, notamment une alimentation équilibrée, la pratique d’une activité physique, la non-consommation de tabac et une moindre consommation d’alcool ; et
- destiner en priorité les programmes sociaux et de santé aux groupes vulnérables, tels que les personnes vivant seules ou dans des zones reculées ou celles souffrant de maladies chroniques.
Le lien social est particulièrement important pour réduire les facteurs de risque, tels que l’isolement et la solitude. Des activités sociales constructives peuvent considérablement améliorer la santé mentale, la satisfaction à l’égard de la vie et la qualité de vie ; elles peuvent également atténuer les symptômes de dépression. À titre d’exemple, on peut citer les initiatives visant à favoriser les rencontres amicales, les groupes communautaires et de soutien, la formation aux compétences sociales, les groupes d’activités créatives, les services de loisirs et d’éducation, et les programmes de bénévolat (4).
Il est par ailleurs essentiel de protéger les personnes âgées contre l’âgisme et la maltraitance. Parmi les principales interventions figurent les politiques et lois anti-discrimination, les interventions éducatives et les activités intergénérationnelles. Plusieurs interventions – par exemple, soins de répit, conseils, éducation, soutien financier et interventions psychologiques – peuvent aider les aidantes et les aidants à maintenir des relations de soins saines qui réduisent le risque de maltraitance.
Traitement et soins
Il est essentiel de repérer et de traiter rapidement les problèmes de santé mentale (ainsi que les troubles connexes d’ordre neurologique et liés à l’utilisation de substances psychoactives) chez les personnes âgées. Cette démarche devrait être conforme aux normes régissant les soins intégrés, qui reposent sur la communauté et sont axés sur les soins de longue durée nécessaires et sur le déclin des capacités intrinsèques, mais aussi sur l’éducation et la formation des aidants et le soutien à ces derniers. Il est généralement recommandé d’appliquer un ensemble d’interventions en santé mentale, parallèlement à d’autres mesures de soutien destinées à répondre aux besoins en matière de santé, d’hygiène personnelle et de relations sociales.
La démence est une affection courante. Elle affecte la santé mentale (par exemple en se manifestant par des symptômes psychotiques et dépressifs) et doit faire l’objet de soins de santé mentale de qualité.
Il est également indispensable de lutter contre la maltraitance. Parmi les interventions prometteuses figurent le signalement obligatoire des actes de maltraitance, les groupes d’entraide, les lignes d’assistance téléphonique et les refuges d’urgence, les programmes d’aide psychologique destinés aux auteurs de maltraitance, la formation des prestataires de soins de santé et d’autres interventions de soutien aux aidantes et aux aidants.
Action de l’OMS
L’OMS collabore avec des partenaires pour aider les pouvoirs publics à répondre aux besoins de santé mentale des personnes âgées.
La Décennie pour le vieillissement en bonne santé (2021-2030) est une collaboration mondiale menée par l’OMS pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées, de leur famille et de leur communauté.
Le Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2030, approuvé par les États Membres de l’OMS, vise à améliorer la santé mentale et les soins de santé mentale pour toutes les populations, y compris les personnes âgées.
Le Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP) prévoit des protocoles cliniques fondés sur des données probantes pour l’évaluation, la prise en charge et le suivi de troubles mentaux, neurologiques et liés à l’usage de substances psychoactives, notamment la dépression et la démence, par des non-spécialistes. Le guide d’intervention mhGAP – version 2.0 comprend des conseils cliniques pour la prise en charge des personnes âgées.
Pendant la pandémie de COVID-19, l’OMS et ses partenaires du Comité permanent interinstitutions (CPI) ont mis au point le guide Vivre avec son temps, composé d’affiches illustrées, dont l’objectif est d’aider les personnes âgées à rester en bonne santé mentale.
Les autres activités entreprises par l’OMS consistent notamment à mettre au point des interventions psychologiques adaptables pour lutter contre la dépression et l’anxiété, à mener des recherches et à élaborer des orientations visant à réduire l’isolement social et la solitude, et à trouver des solutions rentables pour prévenir la maltraitance des personnes âgées.
Références bibliographiques
(1) World Population Prospects 2024. New York, Département des affaires économiques et sociales de l’ONU, Division de la population, 2024 (https://population.un.org/wpp/downloads, consulté le 25 juin 2026).
(2) 2021 Global Burden of Disease (GBD) [base de données en ligne]. Seattle, Institute for Health Metrics and Evaluation, 2026 (https://vizhub.healthdata.org/gbd-results/, consulté le 25 juin 2026).
(3) YLD estimates, 2000–2021. In : Global Health Estimates [base de données en ligne]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2026 (https://www.who.int/data/gho/data/themes/mortality-and-global-health-estimates/global-health-estimates-leading-causes-of-dalys, consulté le 25 juin 2026).
(4) From loneliness to social connection: charting a path to healthier societies. Rapport de la Commission de l’OMS sur le lien social. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2025 (https://iris.who.int/handle/10665/381746).
(5) Yon YY, Mikton CR, Gassoumis ZD, Wilber KH. Elder abuse prevalence in community settings: a systematic review and meta-analysis. Lancet Glob Health. 2017;5(2) : e147–e156 (https://www.doi.org/10.1016/S2214-109X(17)30006-2).